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DGAC : que peut-elle faire en cas de litige ?

Réponse rapide

La DGAC est l'autorité administrative de contrôle (NEB) en France. Elle peut sanctionner la compagnie (amende max 7 500 €/passager, art. L. 6432-3 Code des transports) mais NE PEUT PAS ordonner le paiement individuel.

Vérification d'éligibilité

Avez-vous droit à une indemnisation ?

Si les 5 conditions ci-dessous sont remplies, vous êtes très probablement éligible à une indemnisation au titre du règlement UE 261/2004.

  • Le vol est parti d'un aéroport de l'UE ou a atterri dans l'UE et était opéré par un transporteur de l'UE.
  • Le retard à l'arrivée a atteint 3 heures ou plus — ou bien le vol a été annulé ou vous avez essuyé un refus d'embarquement.
  • Vous disposiez d'une réservation confirmée et vous êtes présenté à l'enregistrement à l'heure.
  • La compagnie n'a pas annoncé l'annulation avec un préavis d'au moins 14 jours.
  • La cause n'était pas constituée par de réelles circonstances extraordinaires (météo extrême documentée, grève des contrôleurs aériens, etc.).
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Intérieur calme d'un terminal d'aéroport — DGAC

Une idée reçue très répandue veut que la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) puisse, sur simple plainte du passager, contraindre une compagnie aérienne à verser l’indemnité forfaitaire prévue par le Règlement (CE) 261/2004. C’est juridiquement inexact. La DGAC est l’autorité administrative de contrôle (NEB — National Enforcement Body), elle peut sanctionner la compagnie par une amende administrative, mais elle NE PEUT PAS ordonner le paiement de l’indemnité au passager individuel. IndemniseVol vérifie chaque montant et délai à la source.

Cette distinction est fondamentale parce qu’elle détermine l’efficacité réelle de la saisine. Beaucoup de passagers français saisissent la DGAC en pensant obtenir le paiement, et se retrouvent six mois plus tard avec un courrier confirmant que la DGAC a noté l’infraction mais que pour le paiement, il faut s’adresser au médiateur ou au tribunal.

Ce guide explique le rôle exact de la DGAC, le plafond de sanction (7 500 €/passager, article L. 6432-3 du Code des transports), et la distinction stricte avec les autres voies de recours.

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1. La DGAC : autorité administrative de contrôle

La Direction générale de l’aviation civile est une administration centrale française rattachée au ministère chargé des Transports. Deux points structurent la suite : son identité institutionnelle, et sa désignation par la France comme organisme national de contrôle au sens du Règlement:

1.1 Identité institutionnelle

La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) est une administration centrale française, rattachée au ministère chargé des Transports (actuellement intégré au ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires). Elle est responsable :

  • de la régulation technique et opérationnelle du transport aérien (sécurité, sûreté, environnement, navigation aérienne) ;
  • du contrôle aérien via la Direction des services de la navigation aérienne (DSNA) ;
  • de la formation des personnels aéronautiques ;
  • de la mise en œuvre du droit européen dans le domaine aérien — y compris le Règlement (CE) 261/2004.

1.2 Désignation comme NEB par la France

L'article 16 du Règlement (CE) 261/2004 impose à chaque État membre de désigner un organisme national chargé de l’application du règlement (National Enforcement Body, NEB) :

« Chaque État membre désigne un organisme chargé de l’application du présent règlement en ce qui concerne les vols au départ d’aéroports situés sur son territoire et les vols en provenance d’un pays tiers à destination de ces mêmes aéroports. »

La France a désigné la DGAC comme NEB. C’est elle qui :

  • reçoit les plaintes des passagers contre les compagnies opérant des vols au départ de France ou à destination de la France (depuis un pays tiers) ;
  • instruit les manquements présumés au Règlement 261/2004 ;
  • sanctionne administrativement les compagnies fautives en application de l’article L. 6432-3 du Code des transports.

2. Le pouvoir de sanction : article L. 6432-3 du Code des transports

L’article L. 6432-3 du Code des transports prévoit que la méconnaissance du Règlement 261/2004 par un transporteur est sanctionnable. Suivent le texte lui-même, la nature administrative de la sanction, et des statistiques présentées honnêtement sur ce que cette sanction produit réellement:

DGAC : que peut-elle faire en cas de litige avec une compagnie aérienne ? — fig1
DGAC : que peut-elle faire en cas de litige avec une compagnie aérienne ?

2.1 Le texte

L'article L. 6432-3 du Code des transports prévoit que la méconnaissance par un transporteur aérien des dispositions du Règlement (CE) 261/2004 (et de plusieurs autres textes européens relatifs aux droits des passagers, notamment ceux concernant les personnes à mobilité réduite) peut donner lieu à une sanction administrative prononcée par le ministre chargé de l’aviation civile.

Le plafond de la sanction est fixé à 7 500 € par passager concerné par le manquement. Le montant exact dans chaque cas est fixé par décision motivée du ministre, après procédure contradictoire avec la compagnie. La sanction est modulée selon :

  • la gravité du manquement (refus pur et simple d’indemniser vs retard de traitement) ;
  • la fréquence des manquements constatés ;
  • la récidive éventuelle ;
  • la situation économique de l’entreprise.

2.2 La nature administrative de la sanction

Cette amende est une sanction administrative, distincte d’une sanction pénale (qui exigerait l’intervention d’un juge répressif) et d’une condamnation civile (qui exigerait la saisine d’un tribunal judiciaire par le passager). Elle est versée à l'État, pas au passager — c’est le point juridique critique.

2.3 Statistiques honnêtes : ce que nous savons et ce que nous ne savons pas

La presse a relayé en 2024 plusieurs cas de sanctions DGAC visant des compagnies aériennes opérant en France, pour des refus systémiques d’indemnisation. Nous n’inventons aucun chiffre précis sur ces sanctions : pour les noms exacts des compagnies, les montants définitifs et la portée des décisions, nous renvoyons systématiquement aux communications officielles de la DGAC et aux publications du Journal Officiel.

Le plafond légal de 7 500 €/passager est, lui, inscrit dans le Code des transports et n’a pas évolué récemment.

3. Le point juridique critique : la DGAC ne peut pas ordonner le paiement individuel

Le droit français sépare strictement deux ordres : les sanctions administratives, infligées par l’administration, versées à l’État et à finalité régulatoire, et l’indemnisation du passager. La conséquence pratique est directe — une amende DGAC ne met pas un euro dans votre poche:

3.1 La séparation des deux ordres

Le droit français maintient une séparation stricte entre :

  • les sanctions administratives (DGAC, infligées par l’administration, versées à l’État, finalité régulatoire et dissuasive) ;
  • les condamnations civiles (juge judiciaire, infligées sur saisine du passager, versées au passager, finalité indemnitaire).

La DGAC peut sanctionner Air France pour 200 000 € pour des refus systémiques d’indemnisation EU 261. Mais cela ne crée aucun droit individuel au paiement pour les 27 passagers d’un vol annulé donné. Chacun doit, individuellement, obtenir son indemnité par :

  • transaction amiable avec la compagnie ;
  • médiation (MTV) si la compagnie accepte la proposition ;
  • jugement civil contraignant.

3.2 Conséquence pratique pour le passager

Si vous saisissez uniquement la DGAC et obtenez gain de cause, vous aurez :

  • un rapport DGAC constatant l’infraction (pièce probatoire utile pour le contentieux civil) ;
  • PAS de paiement automatique.

Pour obtenir le paiement effectif, il vous faut engager parallèlement ou postérieurement une procédure auprès du MTV ou du tribunal judiciaire.

4. Saisir la DGAC : procédure pas à pas

La DGAC n’instruit que les plaintes précédées d’une réclamation à la compagnie restée sans réponse satisfaisante. Cette condition préalable écarte la majorité des dossiers mal préparés; viennent ensuite le formulaire en ligne, l’instruction et la décision:

4.1 Condition préalable : réclamation à la compagnie

La DGAC n’instruit que les plaintes pour lesquelles une réclamation préalable a été adressée à la compagnie et qu'aucune réponse satisfaisante n’a été obtenue. Vous devez donc :

  1. Saisir la compagnie par écrit (formulaire en ligne, e-mail, LRAR).
  2. Conserver les preuves de cette saisine (récépissé de dépôt, accusé de réception, mail horodaté).
  3. Attendre 2 mois (délai pratique généralement reconnu) sans réponse satisfaisante.

4.2 Le formulaire en ligne

La saisine de la DGAC se fait via :

  • le portail service-public.fr, rubrique « Litige avec une compagnie aérienne » ;
  • OU directement depuis le site du ministère de la Transition écologique / DGAC.

Le formulaire demande : identité du passager, référence de réservation, vol concerné (numéro, date, route), motif de la plainte, copies des justificatifs (carte d’embarquement, notification de retard ou annulation, échanges avec la compagnie).

4.3 Instruction

La DGAC instruit la plainte en interrogeant la compagnie, en demandant les rapports opérationnels (météo, défaillances techniques, autorisations de vol), et en évaluant l’éligibilité au titre du Règlement 261/2004.

  • Délai annoncé : 8 semaines.
  • Délai réel constaté : 4 à 12 mois selon la charge du service et la complexité du dossier.

4.4 Décision

À l’issue de l’instruction, la DGAC peut :

  • classer la plainte si elle estime que la compagnie a respecté ses obligations ou que les circonstances extraordinaires sont caractérisées ;
  • constater une infraction et émettre une recommandation à la compagnie ;
  • engager une procédure de sanction au titre de l’article L. 6432-3 du Code des transports.

Aucune de ces décisions ne porte directement sur le paiement de votre indemnité.

5. Résolution amiable et recours devant le tribunal judiciaire

La médiation recherche une solution amiable ; elle ne garantit pas un accord. Le tribunal judiciaire peut trancher le litige selon les preuves et le droit applicable. Un signalement à la DGAC poursuit un objectif de contrôle administratif et ne remplace pas la médiation préalable lorsqu’elle est obligatoire.

5.1 Médiateur Tourisme et Voyage (MTV)

Le Médiateur Tourisme et Voyage est une association loi 1901 agréée par le Ministère de l’Économie au titre de la directive ADR (médiation des litiges de consommation). Voir notre pillar Médiation Tourisme et Voyage.

Caractéristiques :

  • gratuit pour le consommateur ;
  • rapide (90 jours en moyenne) ;
  • adhésion volontaire des compagnies (la plupart sont adhérentes, sauf Ryanair retirée depuis 2020) ;
  • proposition non contraignante : chaque partie reste libre d’accepter ou de refuser.

C’est une voie efficace lorsque la compagnie joue le jeu de la médiation.

5.2 Tribunal judiciaire compétent

Pour une indemnisation liée à un retard, une annulation ou un refus d’embarquement, la procédure française prévoit une réclamation écrite, puis une médiation préalable lorsqu’elle est obligatoire. En cas d’échec, le tribunal judiciaire compétent est saisi par assignation. Vérifiez les exceptions et dispositions transitoires sur Service Public avant d’agir. Le juge peut accueillir ou rejeter la demande ; aucun paiement n’est garanti.

L’arrêt Rehder (CJUE C-204/08, 2009) permet de choisir entre tribunal du lieu de départ et celui d’arrivée. Le jugement est contraignant et assorti d'exécution forcée si la compagnie ne paie pas spontanément.

Pour les vols les plus longs, l’arrêt Sturgeon (CJUE C-402/07, 2009) rappelle que 3 heures de retard à l’arrivée ouvrent droit à l’indemnité, et l’arrêt Wallentin-Hermann (CJUE C-549/07, 2008) que les pannes techniques ne sont en règle générale pas extraordinaires.

6. Tableau de synthèse : trois voies, trois rôles

Le tableau met les trois voies côte à côte, et la stratégie recommandée n’en choisit pas une mais les combine : saisir la DGAC pour l’effet dissuasif et la pièce probatoire, le MTV pour la rapidité et la gratuité, et le tribunal judiciaire si les deux échouent:

Voie

Pouvoir

Coût pour le passager

Délai moyen

Force contraignante

DGAC

Sanction administrative à la compagnie (max 7 500 €/PAX, art. L. 6432-3 CT) — pas de paiement au PAX

Gratuit

4-12 mois

Aucune sur le paiement individuel

MTV

Proposition de solution amiable — paiement si les deux parties acceptent

Gratuit

90 jours

Conditionnelle (acceptation libre)

Tribunal judiciaire

Décision sur la demande selon les preuves et le droit applicable

Frais à vérifier selon le dossier et la représentation

Variable selon le dossier et la juridiction

Jugement, sous réserve des voies de recours et des règles d’exécution

Stratégie recommandée: saisir parallèlement la DGAC (effet dissuasif global, pièce probatoire), le MTV (rapidité, gratuité) et, si ces voies échouent, le tribunal judiciaire. Une firme de réclamation comme AirHelp gère ces démarches en parallèle, sans avance de frais.

7. Cas particuliers

Trois cas particuliers ferment la page. La DGAC est compétente dans deux hypothèses — vol au départ d’un aéroport français quelle que soit la destination, et vol à destination de la France depuis un pays tiers opéré par un transporteur communautaire. Suivent l’auto-saisine et la publicité de la sanction:

7.1 La DGAC est-elle compétente pour les vols extra-UE ?

Oui, dans deux cas :

  • vols au départ d’un aéroport français — peu importe la destination ;
  • vols à destination d’un aéroport français au départ d’un pays tiers, opérés par un transporteur de l’Union (article 3 §1 b) du Règlement 261/2004).

Pour les vols entre deux pays tiers opérés par un transporteur non-UE, la DGAC n’est pas compétente — il faut s’adresser au NEB du pays compétent. Le critère est l’emplacement du terrain et non le secteur d’embarquement : à l'EuroAirport Bâle-Mulhouse, situé à Saint-Louis en Alsace, un départ du secteur suisse relève lui aussi de la DGAC.

7.2 La DGAC peut-elle se saisir d’office ?

Oui, en théorie, sur la base d’observations issues du contrôle (régulation des compagnies, audits). En pratique, l’essentiel des dossiers est ouvert sur saisine du passager.

7.3 La sanction DGAC est-elle publique ?

Les sanctions administratives ne sont pas systématiquement publiées. Certaines décisions individuelles sont communiquées par la DGAC ou relayées par la presse, mais il n’existe pas de registre public exhaustif consultable comme c’est le cas pour certaines sanctions sectorielles (AMF, CNIL).

8. Cross-silos et liens utiles

Ce contenu a un but informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour une analyse personnalisée de votre dossier, consultez un avocat spécialisé ou une firme de réclamation agréée. Dernière mise à jour : 6 juin 2026.

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