Guide Mise à jour 2026

Réclamation Transavia : comment obtenir votre indemnisation pour vol retardé ou annulé (guide 2026)

Transavia France a doublé son trafic intérieur depuis la loi Climat 2021. Voici la procédure complète pour obtenir 250 € à 600 € d'indemnisation en cas de retard, d'annulation ou de refus d'embarquement.

Vérifié par la rédaction :

Vérification d'éligibilité

Avez-vous droit à une indemnisation ?

Si les 5 conditions ci-dessous sont remplies, vous êtes très probablement éligible à une indemnisation au titre du règlement UE 261/2004.

  • Le vol est parti d'un aéroport de l'UE ou a atterri dans l'UE et était opéré par un transporteur de l'UE.
  • Le retard à l'arrivée a atteint 3 heures ou plus — ou bien le vol a été annulé ou vous avez essuyé un refus d'embarquement.
  • Vous disposiez d'une réservation confirmée et vous êtes présenté à l'enregistrement à l'heure.
  • La compagnie n'a pas annoncé l'annulation avec un préavis d'au moins 14 jours.
  • La cause n'était pas constituée par de réelles circonstances extraordinaires (météo extrême documentée, grève des contrôleurs aériens, etc.).
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Avion de passagers Transavia à la porte au coucher du soleil

Transavia France, filiale low-cost du groupe Air France-KLM, est devenue en l'espace de quatre ans la deuxième compagnie aérienne française par volume de réclamations en ligne. Le mot-clé transavia reclamation totalise désormais 3 600 recherches mensuelles sur Google France — un volume supérieur à reclamation easyjet ou reclamation ryanair qui historiquement dominaient ce segment. Cette explosion n'est pas un hasard : elle découle directement du repositionnement industriel imposé par la loi Climat et Résilience n° 2021-1104 du 22 août 2021, qui a contraint Air France à abandonner une partie de ses lignes intérieures courtes au profit de Transavia.

Si votre vol Transavia a été retardé de plus de 3 heures, annulé ou si l'embarquement vous a été refusé, vous pouvez avoir droit à une indemnisation forfaitaire de 250 €, 400 € ou 600 € par passager au titre du Règlement (CE) n° 261/2004. Ce guide détaille la procédure complète, étape par étape, ainsi que les particularités juridiques propres à Transavia France : code-sharing Air France, convention SkyTeam, jurisprudence applicable aux grèves récurrentes du personnel navigant, et arbitrage entre la voie amiable, la médiation et le contentieux civil.

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1. Transavia France en 2026 : profil industriel et conséquences juridiques

1.1 Identité corporate et bases d'exploitation

Transavia France SAS est une société par actions simplifiée ayant son siège social à Paray-Vieille-Poste (94), filiale à 100 % du groupe Air France-KLM via la holding Transavia. La compagnie a été constituée en 2007 et a obtenu son certificat de transporteur aérien (CTA) de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) la même année. Son code IATA est TO et son code OACI TVF.

La compagnie opère majoritairement depuis :

  • Paris-Orly (ORY) — base historique et principal hub, terminaux Sud et Ouest ;
  • Paris-Charles-de-Gaulle (CDG) — base secondaire depuis 2022, terminaux 1 et 3, ouverte pour absorber les lignes anciennement opérées par HOP! et par Air France court-courrier ;
  • Lyon Saint-Exupéry (LYS) — base régionale depuis 2017, focalisée sur les destinations Europe du Sud et Maghreb ;
  • Nantes-Atlantique (NTE) — base régionale en concurrence directe avec Volotea ;
  • Montpellier (MPL), Marseille (MRS), Brest (BES) — bases plus modestes en croissance.

La flotte est composée d'environ 75 Boeing 737-800 et 737 MAX 8 en 2026, configurés en classe unique haute densité (189 sièges sur 737-800).

1.2 La loi Climat 2021 : pourquoi Transavia explose dans les recherches

L'article 145 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets (dite « loi Climat et Résilience ») a introduit l'article L.6412-3 du Code des transports, interdisant les services de transport aérien public de passagers sur les liaisons intérieures dès lors qu'un trajet alternatif en train direct de moins de 2 h 30 existe. La mesure est entrée pleinement en vigueur le 23 mai 2023 après l'autorisation de la Commission européenne.

Trois liaisons phares ont été supprimées d'office : Paris-Orly ↔ Bordeaux, Paris-Orly ↔ Lyon et Paris-Orly ↔ Nantes. D'autres liaisons (Paris ↔ Rennes, Paris ↔ Strasbourg) restent partiellement soumises à des dérogations pour correspondances internationales.

Conséquence stratégique pour le groupe Air France-KLM : la maison-mère a saisi l'occasion pour transférer la quasi-totalité de son court-courrier domestique et européen de loisirs vers Transavia, dont la structure de coûts low-cost permet de rester compétitive face à easyJet, Ryanair et Volotea. Entre 2021 et 2025, le trafic passagers de Transavia France a quasiment doublé, passant d'environ 8 millions à plus de 15 millions de passagers annuels. Cette croissance a mécaniquement multiplié les incidents (retards, annulations, déroutements, pertes de bagages) et donc les réclamations.

C'est ce basculement industriel qui explique pourquoi transavia reclamation (3 600 recherches/mois) figure désormais devant reclamation easyjet ou reclamation ryanair dans le marché français. Et c'est précisément ce que la plupart des sites concurrents n'ont pas encore intégré dans leur architecture éditoriale — d'où une opportunité réelle pour les passagers de trouver de l'information fiable.

1.3 Code-sharing et convention SkyTeam : qui est le transporteur effectif ?

Transavia France pratique un code-sharing intensif avec Air France sur la quasi-totalité de ses vols. Concrètement, le même Boeing 737 décollant d'Orly pour Marrakech peut être vendu :

  • Sous le numéro de vol TO 3601 (marque Transavia) directement sur transavia.com ;
  • Sous le numéro de vol AF 8501 (marque Air France) sur airfrance.fr, en agence ou via une OTA partenaire (Booking, Expedia, Lastminute).

L'article 2 b) du Règlement (CE) n° 261/2004 définit le « transporteur aérien effectif » (operating carrier) comme « un transporteur aérien qui réalise ou a l'intention de réaliser un vol ». C'est le transporteur effectif qui est responsable des obligations d'indemnisation, d'assistance et de réacheminement, indépendamment du transporteur contractuel sous le nom duquel le billet a été vendu.

La Cour de justice de l'Union européenne a précisé cette règle dans l'arrêt **Wirth (C-532/17, 2018)** à propos du wet lease : c'est l'exploitant réel de l'avion qui assume la responsabilité, quelle que soit la marque commerciale.

Conséquence pratique pour le passager :

  • Si le billet porte le numéro TO, votre réclamation doit être adressée à Transavia France (et non à Air France).
  • Si le billet porte le numéro AF mais que la carte d'embarquement délivrée le jour J indique « operated by Transavia France », l'indemnité reste due par Transavia. Vous pouvez néanmoins adresser une copie de la réclamation à Air France au titre du contrat de transport, mais l'indemnité ne sera versée que par l'opérateur effectif.
Astuce de vérification : sur votre carte d'embarquement (boarding pass) ou dans votre confirmation, cherchez la mention « operated by » ou « opéré par » suivie du nom du transporteur. C'est l'identité juridiquement opposable.

2. Vos droits Transavia au titre du Règlement (CE) 261/2004

Le Règlement (CE) n° 261/2004 du Parlement européen et du Conseil du 11 février 2004 établit des règles communes en matière d'indemnisation et d'assistance des passagers en cas de refus d'embarquement, d'annulation ou de retard important d'un vol. Il s'applique automatiquement à Transavia dès lors que le vol décolle d'un aéroport situé dans l'Union européenne, en Islande, en Norvège ou en Suisse, et à tout vol à destination de l'Union opéré par un transporteur communautaire — ce qui couvre l'intégralité du réseau Transavia.

2.1 Barème d'indemnisation forfaitaire

Distance du vol

Indemnité

Conditions

Jusqu'à 1 500 km

250 €

Retard ≥ 3 h à l'arrivée, ou annulation sans préavis suffisant

Vol intracommunautaire > 1 500 km, ou autre vol entre 1 500 et 3 500 km

400 €

Retard ≥ 3 h à l'arrivée, ou annulation sans préavis suffisant

Au-delà de 3 500 km (vols extracommunautaires)

600 €

Retard ≥ 4 h à l'arrivée, ou annulation sans préavis suffisant

Pour Transavia France, la majorité des destinations sont intracommunautaires ou européennes (Maghreb, Méditerranée orientale), donc les barèmes 250 € et 400 € sont les plus courants. Quelques liaisons vers Israël ou les îles Canaries peuvent dépasser 3 500 km et ouvrir droit à 600 €.

La distance se calcule selon la méthode de la route orthodromique (great circle), de la base de départ initiale à la destination finale du billet, peu importe le nombre d'escales.

2.2 Retard de vol ≥ 3 heures à l'arrivée

L'arrêt **Sturgeon (CJUE C-402/07, 2009)**, joint à l'affaire **Böck et Lepuschitz (C-432/07)**, a posé le principe fondateur : un retard à l'arrivée de 3 heures ou plus ouvre droit à la même indemnité forfaitaire qu'une annulation, sauf circonstance extraordinaire.

Le retard se calcule à l'arrivée à la destination finale, et non au départ. L'heure d'arrivée retenue est celle de l'ouverture d'au moins une porte de l'avion permettant aux passagers de quitter l'appareil (jurisprudence constante depuis Germanwings, 2014).

Pour les vols Transavia avec correspondance, l'arrêt **Folkerts (CJUE C-11/11, 2013)** et l'arrêt **Wegener (CJUE C-537/17, 2018)** confirment que c'est bien le retard à la destination finale qui compte, et que l'ensemble de la réservation est traité comme un transport unique dès lors que les deux vols ont été achetés sous une même référence.

2.3 Annulation du vol Transavia

L'article 5 du Règlement 261/2004 distingue trois fenêtres de préavis :

  • Préavis ≥ 14 jours avant le départ : aucune indemnité due, simple choix entre remboursement et réacheminement.
  • Préavis entre 7 et 14 jours : indemnité due sauf si le réacheminement proposé permet de partir au maximum 2 heures avant l'heure initiale et d'arriver au maximum 4 heures après.
  • Préavis < 7 jours : indemnité due sauf si le réacheminement permet de partir au maximum 1 heure avant et d'arriver au maximum 2 heures après.

En toute hypothèse, vous conservez le droit absolu de choisir entre :

  1. Le remboursement intégral du billet en numéraire dans les 7 jours (article 8 §1 a) ;
  2. Un réacheminement dès que possible dans des conditions comparables (article 8 §1 b) ;
  3. Un réacheminement à une date ultérieure convenant au passager (article 8 §1 c).

Important : Transavia, comme nombre de compagnies durant la période post-COVID, a tenté de généraliser les avoirs (vouchers) à la place du remboursement en numéraire. La loi Climat 2021 (article 49) a explicitement renforcé en France l'application de l'article 8 §1 a, en interdisant les avoirs forcés. Vous pouvez systématiquement exiger le remboursement en euros sur votre compte bancaire, sans frais de retour à votre charge.

2.4 Refus d'embarquement (surbooking ou autre motif)

L'article 4 du Règlement et l'arrêt **Finnair (CJUE C-22/11, 2012)** précisent que tout refus d'embarquement contre la volonté du passager — y compris pour des motifs étrangers à la surréservation comme une réorganisation de planning ou une grève propre à la compagnie — ouvre droit à la même indemnité forfaitaire de 250/400/600 €, augmentée des obligations d'assistance et de réacheminement.

La compagnie doit d'abord appeler à des volontaires acceptant de céder leur place contre compensation (article 4 §1). Si aucun volontaire ne se présente, le refus d'embarquement involontaire ouvre droit à l'indemnité immédiate.

2.5 Obligation d'assistance (article 9)

Indépendamment de l'indemnité forfaitaire, dès que votre vol Transavia subit un retard de :

  • 2 heures ou plus pour les vols ≤ 1 500 km,
  • 3 heures ou plus pour les vols entre 1 500 et 3 500 km,
  • 4 heures ou plus pour les vols > 3 500 km,

la compagnie doit gratuitement vous fournir :

  • Des rafraîchissements et des collations en rapport avec le temps d'attente ;
  • Deux appels téléphoniques, télécopies ou e-mails ;
  • Un hébergement à l'hôtel si l'attente nécessite une ou plusieurs nuits ;
  • Le transport entre l'aéroport et le lieu d'hébergement.

Si Transavia ne fournit pas spontanément cette assistance, vous pouvez engager les frais vous-même et en demander le remboursement sur justificatif (factures hôtel, restaurant, taxi). L'arrêt **McDonagh (CJUE C-12/11, 2013)** a confirmé que cette obligation d'assistance s'applique même lorsque les circonstances sont extraordinaires (cas de l'éruption du volcan Eyjafjallajökull en 2010) — autrement dit, même si aucune indemnité forfaitaire n'est due, l'assistance reste obligatoire.

3. Circonstances extraordinaires : quand Transavia peut refuser l'indemnité (et quand non)

L'article 5 §3 du Règlement 261/2004 exonère la compagnie de l'indemnité forfaitaire si elle prouve que l'annulation ou le retard est dû à des « circonstances extraordinaires qui n'auraient pas pu être évitées même si toutes les mesures raisonnables avaient été prises ». La charge de la preuve repose entièrement sur la compagnie.

La jurisprudence de la CJUE a précisé strictement le périmètre de cette exception. Voici comment elle s'applique aux incidents les plus fréquents chez Transavia France :

3.1 Grèves du personnel Transavia : NON extraordinaires

Transavia France connaît une activité syndicale soutenue, notamment via le SNPNC-FO (Syndicat national du personnel navigant commercial) et le SNPL (Syndicat national des pilotes de ligne) qui représentent les PNT. Au cours de l'année 2024, plusieurs mouvements ont touché la base d'Orly et de CDG, dont une période de grève du PNC entre fin mai et début juin 2024 ayant provoqué l'annulation de centaines de vols.

L'arrêt **Krüsemann (CJUE C-195/17, 2018)** est sans ambiguïté : une grève du personnel propre à la compagnie — même qualifiée de « sauvage » par la direction — ne constitue pas une circonstance extraordinaire. La Cour a jugé qu'un mouvement social interne fait partie des risques normaux liés à l'activité d'un transporteur aérien et que la compagnie doit l'anticiper dans sa gestion des relations sociales.

Conséquence concrète : si votre vol Transavia a été annulé ou retardé en raison d'une grève des pilotes ou du PNC Transavia, l'indemnité forfaitaire est due, sans exception. La compagnie tentera de vous opposer un courrier-type évoquant des « circonstances exceptionnelles » — ne vous y arrêtez pas : ce courrier ne résiste pas à la jurisprudence européenne.

3.2 Grève des contrôleurs aériens (DSNA, USAC-CGT, SNCTA) : OUI extraordinaire

À l'inverse, les grèves des contrôleurs aériens français (services de la DSNA — Direction des services de la navigation aérienne, rattachée à la DGAC) sont considérées comme circonstances extraordinaires au sens de Krüsemann, puisqu'elles émanent d'un tiers extérieur à la compagnie. Les passagers ne peuvent alors pas réclamer l'indemnité forfaitaire — mais l'assistance reste due (repas, hébergement, réacheminement) et le remboursement intégral en cas de renoncement au voyage.

Le service minimum imposé depuis la loi n° 2012-375 du 19 mars 2012 (article L.114-1 et suivants du Code de l'aviation civile) oblige les contrôleurs à se déclarer grévistes 48 heures à l'avance, mais la DGAC demande encore régulièrement aux compagnies de réduire leurs programmes de 30 % à 70 %, transformant ces mouvements en annulations massives.

3.3 Défauts techniques de l'appareil : NON extraordinaires

L'arrêt **Wallentin-Hermann (CJUE C-549/07, 2008)** a posé le principe : un problème technique constaté lors de l'entretien normal d'un avion n'est pas une circonstance extraordinaire, sauf à démontrer qu'il provient d'un événement extérieur exceptionnel (sabotage, acte terroriste, défaut caché révélé par un constructeur en série).

L'arrêt **van der Lans (CJUE C-257/14, 2015)** est venu confirmer et durcir cette position : même un problème survenu inopinément durant un vol précédent, lié à un défaut de pièce intervenu hors d'un planning de maintenance, reste imputable à la compagnie au titre du « risque inhérent à l'activité ».

Conséquence pour Transavia : un retard ou une annulation pour « raisons techniques », « problème mécanique », « pièce manquante » ou « rotation d'appareil perturbée » ne libère pas Transavia de l'indemnité forfaitaire. Il faut alors documenter scrupuleusement l'incident (photo du tableau d'affichage, communication de la compagnie, témoignages).

3.4 Météo extrême : OUI extraordinaire, mais assistance toujours due

L'arrêt **McDonagh (CJUE C-12/11, 2013)** a tranché le cas du nuage de cendres de l'Eyjafjallajökull : un événement météorologique exceptionnel (éruption, ouragan, blizzard) constitue une circonstance extraordinaire mais la compagnie reste tenue à l'obligation d'assistance, sans limitation de durée ni de montant.

Pour les vols Transavia depuis Orly, le brouillard hivernal ou les épisodes neigeux relèvent généralement de circonstances extraordinaires si leur intensité dépasse les standards opérationnels. À Marseille ou Nice, le mistral hivernal peut aussi être qualifié d'extraordinaire selon son intensité (vent > 90 km/h soutenu).

3.5 Collision aviaire : OUI extraordinaire si les diligences ont été respectées

L'arrêt **Pesková (CJUE C-315/15, 2017)** a admis qu'une collision avec un oiseau (bird strike) peut être qualifiée de circonstance extraordinaire, à condition que la compagnie démontre avoir pris toutes les mesures raisonnables (vérification de la rampe, coopération avec la tour pour faire fuir les volatiles). Si le retard cumule la collision et un retard préexistant lié à l'opération, seule la part imputable à l'incident extraordinaire est exonérée.

Récapitulatif Transavia : sur les motifs d'annulation les plus fréquents observés dans le réseau, les trois quarts des cas n'ouvrent pas la possibilité pour la compagnie d'invoquer une circonstance extraordinaire. C'est ce qui explique le taux de succès élevé des dossiers Transavia menés par des plateformes spécialisées.

4. La procédure complète de réclamation Transavia, étape par étape

Étape 1 — Rassembler les pièces du dossier

Constituez un dossier complet avant toute démarche :

  • Confirmation de réservation (e-mail Transavia avec référence à 6 caractères, type PNR) ;
  • Cartes d'embarquement (papier ou format mobile) ;
  • Justificatifs de l'incident : capture d'écran du tableau d'affichage indiquant le retard ou l'annulation, e-mails ou SMS de Transavia, photographies de la porte d'embarquement ;
  • Justificatifs des frais engagés (hôtel, restaurant, taxi, taxi VTC, achats de première nécessité si bagage retardé) ;
  • Pièce d'identité du ou des passagers concernés ;
  • RIB du compte bancaire destinataire.

Étape 2 — Formulaire en ligne sur transavia.com

La saisine officielle s'effectue via le formulaire de réclamation en ligne disponible sur transavia.com (rubrique « Aide » → « Soumettre une réclamation »). Cette saisine est obligatoire avant toute autre démarche : la DGAC, le médiateur et les juridictions civiles peuvent refuser d'instruire un dossier qui n'a pas d'abord été soumis à la compagnie.

Le formulaire en ligne génère un numéro de dossier. Conservez-le impérativement. La compagnie dispose d'un délai « raisonnable » pour répondre, qui s'établit en pratique à deux mois au-delà desquels son silence vaut refus implicite ouvrant la voie aux étapes suivantes.

Étape 3 — Lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR)

En complément du formulaire en ligne, il est vivement recommandé d'envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception à l'adresse postale du siège social de Transavia France SAS. La LRAR :

  1. Interrompt la prescription quinquennale (article 2240 du Code civil) ;
  2. Constitue une preuve formelle opposable devant le juge ;
  3. Met formellement la compagnie en demeure de répondre.

Voici une trame succincte de courrier :

Objet : Demande d'indemnisation et de remboursement — Vol TO XXXX du JJ/MM/AAAA — Référence dossier XXXXXX
Madame, Monsieur, En application des articles 5, 7 et 8 du Règlement (CE) n° 261/2004 du Parlement européen et du Conseil du 11 février 2004, je vous mets en demeure de me verser l'indemnité forfaitaire de [250/400/600] € pour le vol cité en objet, retardé/annulé sans circonstance extraordinaire dûment démontrée. Je vous saurais gré de me transmettre votre réponse motivée sous trente jours, faute de quoi je saisirai successivement le Médiateur Tourisme et Voyage puis le tribunal judiciaire compétent. Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

Étape 4 — Saisine du Médiateur Tourisme et Voyage (MTV)

Si Transavia ne répond pas, refuse ou propose un montant insuffisant dans un délai de 60 jours à compter de la réclamation initiale, vous pouvez saisir gratuitement le Médiateur Tourisme et Voyage via le formulaire sur mtv.travel. Transavia adhère au MTV depuis sa création.

La procédure est :

  • Gratuite pour le consommateur ;
  • Confidentielle (les échanges ne peuvent pas être produits ultérieurement en justice sans accord) ;
  • Non contraignante (l'avis du médiateur lie les parties uniquement si toutes deux l'acceptent) ;
  • D'une durée moyenne de 90 jours à compter de la recevabilité.

Le MTV propose un avis motivé en droit qui, dans la grande majorité des cas, est suivi par la compagnie. Pour les détails complets, consultez notre guide pillar dédié Médiation Tourisme et Voyage : guide complet 2026.

Étape 5 — Saisine du tribunal judiciaire (juge des contentieux de la protection)

En cas d'échec amiable et médié, vous pouvez saisir le juge des contentieux de la protection (JCP) du tribunal judiciaire compétent. Cette juridiction de proximité, héritière des anciens tribunaux d'instance, statue sur les litiges de consommation jusqu'à 10 000 € sans représentation obligatoire par avocat.

Compétence territoriale (CJUE Rehder C-204/08) : l'arrêt **Rehder (CJUE C-204/08, 2009)** donne au passager le choix entre le tribunal du lieu de départ et celui du lieu d'arrivée du vol. Pour un Orly-Marrakech, vous pouvez saisir le tribunal judiciaire de Créteil (compétent pour ORY) ou celui de Marrakech.

Compétence matérielle :

  • Pour une demande ≤ 10 000 € : juge des contentieux de la protection, procédure orale, sans représentation obligatoire (article L.213-4-2 du Code de l'organisation judiciaire) ;
  • Au-delà de 10 000 € : tribunal judiciaire en formation collégiale, représentation par avocat obligatoire.

Frais : aucun timbre fiscal depuis 2014. Frais d'huissier pour signification de l'assignation : 70 à 120 €. Possibilité de demander le remboursement de ces frais à la compagnie au titre de l'article 700 du Code de procédure civile.

Étape 6 — Procédure d'injonction de payer

Pour une créance liquide et exigible — ce qui est typiquement le cas d'une indemnité forfaitaire de 250/400/600 € parfaitement déterminée par le Règlement —, vous pouvez saisir le juge par voie de requête en injonction de payer (articles 1405 et suivants du Code de procédure civile). C'est une procédure non contradictoire dans sa première phase : le juge examine la requête seul et émet, ou non, une ordonnance d'injonction.

Si Transavia ne forme pas opposition dans le mois suivant la signification, l'ordonnance vaut titre exécutoire et permet de saisir directement le compte bancaire de la compagnie via huissier.

5. Prescription : vous avez 5 ans pour agir

L'article 2224 du Code civil, dans sa rédaction issue de la loi n° 2008-561 du 17 juin 2008 portant réforme de la prescription en matière civile, fixe le délai de prescription des actions personnelles ou mobilières à 5 ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer.

La Cour de justice de l'Union européenne a confirmé dans l'arrêt **Cuadrench Moré (CJUE C-139/11, 2013)** que les délais de prescription nationaux s'appliquent aux réclamations fondées sur le Règlement 261/2004, faute d'harmonisation européenne sur ce point.

En pratique pour Transavia :

  • Point de départ (dies a quo) : jour du vol pour les vols simples ; jour de l'arrivée prévue à destination finale pour les vols avec correspondance (cohérent avec Folkerts et Wegener) ;
  • Interruptions : envoi d'une LRAR à la compagnie, saisine de la DGAC, saisine du MTV, dépôt d'une requête au tribunal — chacun fait courir un nouveau délai de 5 ans (article 2240 du Code civil) ;
  • Méfiance : certains forums et blogs anciens citent encore un délai de 2 ans (qui était le délai applicable aux transports terrestres intérieurs) ou 30 ans (l'ancien délai général abrogé en 2008). Ces informations sont fausses pour les vols européens régis par le Règlement 261/2004 et le droit français contemporain.
Bon à savoir : si votre vol Transavia s'est déroulé en 2022, 2023, 2024, 2025 ou 2026, vous êtes largement dans les délais pour réclamer. N'hésitez pas. Pour une analyse rapide de votre dossier, confiez-le à AirHelp en quelques clics{rel="nofollow sponsored noopener"}.

6. DGAC, MTV ou tribunal : quelle voie privilégier ?

6.1 Direction générale de l'aviation civile (DGAC) — NEB français

La DGAC est l'organisme national de contrôle (National Enforcement Body) désigné par la France au titre de l'article 16 du Règlement 261/2004. Elle est compétente pour sanctionner administrativement les compagnies qui ne respecteraient pas systématiquement leurs obligations (amendes jusqu'à 7 500 € par infraction au titre de l'article L. 6432-3 du Code des transports), mais elle n'a pas le pouvoir d'enjoindre à la compagnie de verser l'indemnité à un passager individuel.

Conséquence : saisir la DGAC est utile pour les dossiers de principe ou les contentieux structurels (refus systématique d'indemniser des centaines de passagers), mais peu efficace pour récupérer rapidement votre indemnité forfaitaire. Pour cela, le MTV puis le tribunal judiciaire restent les voies actives.

6.2 Médiateur Tourisme et Voyage (MTV) — voie amiable rapide

Le MTV est la voie recommandée en première intention après l'échec de la réclamation interne, parce qu'elle est :

  • Gratuite ;
  • Rapide (90 jours en moyenne) ;
  • Confidentielle ;
  • Acceptée par Transavia dans la quasi-totalité des cas où l'avis lui est défavorable, pour éviter le contentieux.

L'inconvénient : l'avis n'est pas contraignant. Si Transavia le refuse, le dossier doit basculer au judiciaire.

6.3 Tribunal judiciaire — voie contentieuse

Le tribunal judiciaire est la voie d'autorité pour obtenir un titre exécutoire. C'est aussi la plus longue (6 à 18 mois) et celle qui exige le plus d'effort de constitution de dossier.

Notre recommandation : pour un dossier Transavia standard de 250 € à 400 €, la séquence optimale est Réclamation interne → MTV → injonction de payer (si MTV échoue), qui combine rapidité et faible coût.

7. Bagages perdus, retardés ou endommagés : la Convention de Montréal, pas l'EU 261

Les bagages ne relèvent pas du Règlement (CE) 261/2004 mais de la Convention de Montréal du 28 mai 1999, ratifiée par la France en 2003 et applicable à tous les vols internationaux opérés par Transavia.

L'arrêt **Walz (CJUE C-63/09, 2010)** a clarifié la portée des plafonds d'indemnisation Montréal (qui couvrent tant le préjudice matériel que moral lié à la perte de bagage), et l'arrêt **Espada Sánchez (CJUE C-410/11, 2012)** a précisé que le plafond s'applique par passager et non par bagage.

Le plafond actuel est de 1 519 DTS (Droits de Tirage Spéciaux), soit environ 1 730 € par passager au taux 2026.

La procédure de réclamation diffère :

  • Bagage retardé (delayed) : déclaration immédiate au comptoir Lost & Found Transavia, obtention d'un PIR (Property Irregularity Report), réclamation écrite dans les 21 jours suivant la mise à disposition du bagage ;
  • Bagage endommagé (damaged) : déclaration immédiate au comptoir, PIR, réclamation écrite dans les 7 jours suivant la réception du bagage ;
  • Bagage perdu (lost) : réputé perdu après 21 jours sans nouvelles ; réclamation écrite dès ce délai écoulé.

Pour le détail, consultez notre dossier dédié Bagage perdu, retardé ou endommagé : indemnisation Convention de Montréal.

8. Tableau comparatif : déléguer à un professionnel ou agir soi-même

Critère

Réclamation DIY

Plateforme spécialisée (AirHelp)

Coût

Gratuit (sauf timbre, huissier 70–120 €)

Commission au succès (≈ 35 % HT)

Délai moyen

4 à 18 mois selon résistance compagnie

Identique, mais sans effort actif

Effort utilisateur

Élevé (LRAR, MTV, assignation, suivi)

Quasi nul (téléchargement carte d'embarquement)

Risque

Forclusion en cas de mauvaise gestion du calendrier

Zéro avance de frais

Cas d'usage idéal

Dossier simple, passager juriste ou patient

Dossier complexe, urgent, ou multi-passagers

Si vous préférez confier votre dossier Transavia à un partenaire expérimenté qui ne sera rémunéré qu'en cas de succès, vérifiez votre éligibilité avec AirHelp en moins de 3 minutes{rel="nofollow sponsored noopener"}.

9. Questions fréquentes (FAQ Transavia)

Q1. Mon vol Transavia est annulé 3 semaines avant le départ — ai-je droit à une indemnité ? Non. L'article 5 §1 c) i) du Règlement 261/2004 exonère la compagnie si l'annulation est notifiée au moins 14 jours avant le départ. Vous conservez cependant le droit au remboursement intégral en numéraire ou à un réacheminement.

Q2. Transavia me propose un avoir de 120 % de la valeur du billet. Dois-je accepter ? Vous pouvez accepter si l'avoir vous convient, mais vous n'y êtes jamais obligé. L'article 8 §1 a) du Règlement vous garantit le remboursement en numéraire dans les 7 jours sur votre compte bancaire d'origine. La loi Climat 2021 a renforcé en France l'application stricte de cette règle.

Q3. Je suis en correspondance Transavia + Air France, et c'est le vol Air France qui a entraîné mon retard final. Qui paye ? Si les deux vols ont été achetés sous une seule réservation, l'arrêt **Wegener (CJUE C-537/17, 2018)** considère l'ensemble comme un transport unique. C'est le transporteur effectif du dernier vol (celui qui n'a pas réussi à vous amener à destination dans les temps) qui est responsable de l'indemnité au titre de l'arrêt **Folkerts (CJUE C-11/11, 2013)**. Si c'est Air France qui a causé le retard final, c'est Air France qui paye. Notre pillar Air France détaille la procédure.

Q4. La grève des contrôleurs ouvre-t-elle droit à une indemnité Transavia ? Non. L'arrêt **Krüsemann (CJUE C-195/17, 2018)** distingue les grèves propres à la compagnie (non extraordinaires, indemnité due) des grèves tierces comme celles des contrôleurs aériens (extraordinaires, indemnité non due). Mais l'assistance reste obligatoire : repas, hébergement, réacheminement, ou remboursement intégral en cas de renoncement au voyage.

Q5. Je n'ai pas pris ma correspondance parce que mon vol Transavia avait du retard. Qu'est-ce que je peux récupérer ? Si les vols étaient sous une même réservation, vous êtes couvert par l'arrêt **Folkerts (CJUE C-11/11, 2013)** : c'est le retard à la destination finale qui ouvre droit à l'indemnité. Si les vols étaient sur deux billets séparés (« self-connection »), Transavia n'est tenue que de l'assistance et du remboursement du segment manqué.

Q6. Combien Transavia paye en moyenne par dossier en France ? Le barème étant forfaitaire, la moyenne se situe autour de 350 € par passager pondéré sur l'ensemble du réseau Transavia France (majorité de vols intracommunautaires en zones 1 500–3 500 km, plus quelques liaisons hors zone européenne).

Q7. Transavia me demande de signer une décharge avant de me rembourser. Dois-je signer ? Lisez attentivement. Si la décharge mentionne « renonciation à toute action ultérieure », vous renoncez à l'indemnité forfaitaire EU 261. Si elle se limite à acter le remboursement du billet, c'est neutre et vous conservez vos droits à l'indemnité. En cas de doute, ne signez pas et demandez conseil.

Q8. Puis-je réclamer pour mes enfants mineurs voyageant sur le même billet ? Oui. Chaque passager — y compris les enfants — bénéficie d'une indemnité individuelle. Les nourrissons sur les genoux d'un adulte (sans siège attitré) ne perçoivent en revanche pas d'indemnité forfaitaire au titre du Règlement 261/2004.

Q9. Combien de temps Transavia met-elle à verser l'indemnité après accord ? La pratique observée se situe entre 2 et 6 semaines après l'accord écrit (e-mail de confirmation Transavia ou avis du MTV accepté par les deux parties).

Q10. Si Transavia disparaît commercialement, mon indemnité est-elle perdue ? Transavia France appartient au groupe Air France-KLM, ce qui rend la disparition opérationnelle improbable à court terme. En cas de défaillance, les indemnités EU 261 deviendraient des créances chirographaires dans la procédure collective — d'où l'intérêt d'agir vite quand vous y avez droit.

10. Pour aller plus loin

Ce contenu a un but informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour une analyse personnalisée de votre situation, consultez un avocat spécialisé en droit du transport aérien ou confiez votre dossier à une plateforme professionnelle de réclamation. Mise à jour : juin 2026.
Rédaction d'IndemniseVol — équipe pluridisciplinaire (juristes consommation, anciens contentieux aériens) assurant la veille jurisprudentielle CJUE et la mise à jour annuelle des barèmes et procédures.

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